Les risques et contraintes des taux immobiliers faibles

On pourrait croire que la baisse des taux d’intérêt pour les prêts immobiliers pour expatriés et non-résidents est forcément bénéfique pour l’économie. En effet, ça devrait permettre à ces personnes d’emprunter plus facilement afin de construire ou d’acquérir un logement et devenir par la suite propriétaire.

Pour se faire, les français (résidents et non-résidents) empruntent de plus en plus ces dernières années. L’encours des financements immobiliers ne cesse de progresser en France et même en Europe. Selon les derniers rapports de la banque de France, une nette progression a été remarquée en juillet dernier au niveau des encours de crédits à l’habitat, avec un total d’1 milliard d’euro. Il faut remonter à mai 2011 pour retrouver un tel rythme.

Au total, l’endettement du secteur privé non financier, a poursuivi la croissance dynamique observée ces dernières années pour atteindre le niveau de 133,2% du PIB au premier trimestre 2019, un taux supérieur à la moyenne de la zone euro.

Dans ce sens, les autorités envisagent de prendre des décisions radicales et réfléchissent à des mesures strictes suite à la baisse des taux intervenue cet été, en zone euro et au niveau mondial. D’après le Haut Conseil de Stabilité Financière (HCSF), le risque a surtout augmenté en termes de profitabilité et de gestion actif-passif pour les institutions financières. De plus, la rentabilité des banques pourrait être affectée par ces taux sur le long terme. En effet, des taux aussi bas impliquent que les marges bénéficiaires des banques soient très faibles. Pour y faire face, les autorités conseillent les banquiers de réviser à la hausse les taux pratiqués pour éviter une crise immobilière, qui ne pourra qu’accentuer davantage les problèmes de logement des résidents et non-résidents. Pourtant, il y a 8 ans, ces mêmes autorités avaient déjà signalé leur vigilance quant à la croissance du crédit immobilier.

Il faut noter également, que les taux pratiqués en France sont tout simplement les plus bas de la zone euro. Les taux attractifs pratiqués par les banquiers constituent pourtant une réelle menace pour le secteur immobilier d’après le gouverneur de la Banque de France qui, à son tour, invite les banques à revoir leurs taux.

Du coté des courtiers, on entend un autre son de cloche. Ils estiment que ces taux bas n’affecteront en aucun cas le secteur immobilier, et que ce dernier dépendra plutôt de la situation économique du pays. Du coté des banques, ce rappel à l’ordre aura peu de chance d’aboutir à des résultats probants. En effet, la concurrence interbancaire féroce a transformé le crédit immobilier en produit d’appel, malgré des marges quasi nulles.